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Voix d’Orientation

« J’ai démissionné pour exercer un métier qui a du sens »

Jeune ingénieur, Florent préconise l’arrêt temporel de l’activité d’une entreprise pour limiter une fuite de gaz polluant. Il se retrouve en entretien disciplinaire. Le début d’une prise de conscience quant à la nécessité d’un travail « utile aux gens ».

LE MONDE | 15.10.2018 à 10h29 • Mis à jour le 15.10.2018 à 10h42

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Voix d’orientation. Le Monde Campus etLa ZEP, média jeune et participatif, s’associent pour faire témoigner lycéens et étudiants de leurs parcours d’orientation. Cette semaine, Florent, 30 ans, Paris.

Un jour, dans mon précédent – et premier – job d’ingénieur, mon chef m’a demandé de réaliser une mission d’expertise sur un cas de pollution environnementale. Deux conclusions étaient possibles après enquête : soit on arrêtait une activité quelques jours pour réparer une fuite de gaz à fort effet de serre, soit on continuait. Cette deuxième solution évitait à l’entreprise de perdrede l’argent, mais causait l’émission d’une grande quantité de gaz dans l’atmosphère. J’ai préconisé la première solution. Pas de chance ; pour ma direction, l’argent primait sur l’environnement. On m’a donc demandé de changer ma conclusion. J’ai refusé. Mon chef l’a modifiée lui-même. J’ai refusé de signer le rapport. La situation a dégénéré et je me suis retrouvé en entretien disciplinaire. Mon chef m’a alors lancé cette phrase : « Florent, il ne faut pas laisser tes valeurs personnelles interférer avec le travail. »

Ce jour-là, je me suis rendu compte que j’avais une conception du travail à l’opposé de celle de ma hiérarchie. Pour eux, un travail sert avant tout à générerun revenu. Un bon travailleur doit faire preuve de loyauté envers son entreprise, qui le paie pour effectuer un travail précis et défendre les intérêts de l’entreprise. A leurs yeux, je faisais preuve d’ingratitude et de déloyauté. A l’inverse, pour moi, qui ai besoin d’être convaincu que mon travail contribue à rendre le monde meilleur, mes chefs étaient des mercenaires dénués de valeurs morales.

Rendre le monde plus tolérant

Quelque temps auparavant, j’avais commencé à me poser la question du sens dans mon boulot. De son utilité. Est-ce que je suis utile à la société ? Est-ce que, si je pars, quelqu’un verra une différence ? Beaucoup de gens se posent ce genre de questions. Moi, elles ne voulaient plus sortir de ma tête. J’étais ingénieur dans une grande entreprise française, ce qui représente l’Everest du monde du travail pour mes grands-parents. Je vivais confortablement et, si j’avais voulu, j’aurais pu y faire mes quarante-deux ans de carrière avant une retraite tranquille, dans une maison à la campagne avec un labrador.

Mais voilà, ce n’était pas ce que je voulais. Le « sens » au travail, c’est pour moi la sensation de participer à un projet utile aux gens, qui contribue à rendre le monde plus tolérant, plus vert, plus engagé. Pour mes chefs, le sens au travail est sans doute complètement différent : la sensation d’avoir fait grandir une entreprise ? La satisfaction d’avoir accompli un devoir avec une parfaite loyauté ? Sans doute.

Loin de moi l’idée de porter un jugement définitif sur leur vision du travail ou la mienne, je ne sais pas si l’une est meilleure que l’autre. Elles sont simplement très différentes. Et ce jour-là, j’ai compris que ces deux visions n’étaient pour moi pas compatibles. Je suis devenu obsédé par ce besoin de trouver mon utilité, une vocation. Avec un collègue, on voulait réinventer le monde. Vaste projet ! On a alors commencé par se demander pourquoi les gens n’étaient plus engagés, et comment on devient un citoyen engagé.

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L’utilité sociale, critère numéro un

On a découvert qu’il y avait pas mal d’étapes à franchir avant de s’engager : être informé des problématiques de société, se faire son opinion sur ces questions, avoir des outils pour faire le premier pas vers l’engagement. Cela nous semblait compliqué. Alors, on a créé un journal, Le Drenche, qui accompagne les gens sur ce chemin de l’engagement, et permet aux lecteurs de mieux comprendre les personnes pensant différemment.

Cela nous a pris deux ans. On a travaillé le soir après le boulot, puis je suis passé à temps partiel. Et les doutes : est-ce que je suis bien sûr de ce que je fais ? C’est pas trop risqué ? Et si j’étais en train de rêver, de me bercerd’illusions ? Je me revois encore tout tremblant le jour où j’ai apporté ma démission à mon chef. Et je ne regrette pas. Parce que l’utilité que je trouve aujourd’hui me donne plus d’énergie au quotidien qu’un bon salaire et des conditions confortables. Et que je sais que si je devais reprendre un emploi salarié dans une entreprise, l’utilité sociale de la structure serait pour moi le premier critère de choix. Si vous demandez aux gens ce qui les rendra heureux sur leur lit de mort, peu vous répondront : « Une belle carrière dans une grosse boîte. »

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un article qui colle à l’astro avec mars en sagittaire à côté de saturne qui lui même est carré à neptune( pas de sens)   ..  mars qui est en carré à mercure en vierge pour les soins.. et le travail

 

«Depuis deux ans, notre mission n’est plus la même. La priorité n’est pas de nous consacrer aux malades, de les soigner, de mettre en place des actions et protocoles pour les accompagner, les aider à guérir ou à vivre le mieux possible leur maladie», s’attriste Lisa V., 37 ans, infirmière à l’hôpital Rangueil de Toulouse.

«Non. Aujourd’hui, notre tâche est de répondre à des impératifs de fonctionnements, à des problématiques budgétaires, poursuit la jeune femme. On nous demande d’assumer des tâches qui sont bien loin de la formation que nous avons reçue et qui, normalement, incombe à d’autres personnels. Mais, par manque d’effectifs nous sommes contraints de les assurer. Plusieurs fois par mois, je suis ainsi affectée à l’accueil des visiteurs. Je deviens une hôtesse qui n’accompli plus aucun acte de santé».

Lisa travaille à quelques mètres du bureau de cet infirmier qui s’est suicidé il y a quelques semaines. «Ça nous a fait un choc. On n’a pas perçu sa détresse. Quand je passe devant cette pièce, je sens monter une tension en moi, je ne peux m’empêcher de penser à ce qui s’est passé là. Comme beaucoup on finit par s’en vouloir de ne pas avoir pu empêcher ça. On doit faire avec et chacun gère ça comme il peut».

Après ce drame, la direction a rédigé une note pour faire savoir au personnel qu’une cellule d’écoute était à leur disposition s’ils avaient besoin de parler, d’être accompagnés pour surmonter cette épreuve.

Mais cela ne contente pas Lola :

«Aujourd’hui, nous sommes des pions. On a cassé le travail d’équipe, quasiment interdits les projets collectifs visant à améliorer le quotidien du patient. Et lorsque l’on fait remonter un dysfonctionnement préjudiciable aux malades, on nous invite à nous taire, à ne pas faire de vague. Ceux qui osent l’ouvrir sont rappelés à l’ordre et, souvent, victimes de remarques et même de menace de la part de la hiérarchie. C’est pourquoi les infirmiers qui ne sont encore que contractuels et en attente d’une titularisation n’osent pas s’exprimer».

Comme pas mal de ses collègues, Lisa ne «voit pas d’avenir dans tout ça». C’est pourquoi, «usée et démotivée par cette gestion humaine désastreuse, sans ambition et dangereuse pour le malade», elle envisage de partir «avant de sombrer dans la morosité, la dépression et peut-être même pire comme c’est le cas pour mal d’autres».

«Je vois trop de collègues rongés par l’absence de sens donné à leur travail. Certains sont totalement dévastés et se sentent inutiles alors qu’ils aiment leur métier et sont à même d’apporter beaucoup à l’hôpital».

Comme un jeu lugubre, des collègues de Lola, s’interpellent régulièrement pour se dire :

«Alors c’est qui le prochain. T’est sûr que ce ne sera pas toi qui va craquer et te flinguer ?».

Lisa a décidé de reprendre ses études pour «partir d’ici et retrouver son enthousiasme». Mais, là encore, l’hôpital a cassé ses espoirs. «Je devais suivre une formation d’assistante de recherche mais, au dernier moment, son financement a été annulé».

Guillaume Atchouel

 

http://www.ladepeche.fr/article/2016/09/15/2419185-lisa-infirmiere-rangueil-travail-plus-sens-sommes-devenus-pions.html

http://www.telerama.fr/idees/en-politique-comme-dans-les-entreprises-les-mediocres-ont-pris-le-pouvoir,135205.php

TRAVAIL = TRIPALIUM !!!

De l’ancien français travail (« tourment, souffrance ») (XIIe siècle), du latin tripalium (« instrument de torture à trois poutres »).
Instrument d’immobilisation et de torture à trois pieux utilisé par les Romains pour punir les esclaves rebelles.

<< Tripalium semble renvoyer à l’expérience de la contrainte et de la domination. Le tripalium est un instrument à trois pieux, au départ un instrument de contention utilisé dans les fermes pour aider à la délivrance des animaux, mais aussi au ferrage, au marquage au fer rouge, ou à des interventions vétérinaires douloureuses… Il est pour le Romain, un instrument de supplice, dont dérive le terme "travail" par croisement étymologique avec "trabicula", petite travée, poutre, qui désigne un chevalet de torture : (trabiculare signifie " torturer " et "travailler", au sens, de "faire souffrir")
.http://3.bp.blogspot.com/…/…/4unPJwh-QkY/s1600/tripalium.jpg
En ancien français le terme "travailler" s’applique jusqu’au 13e siècle aux suppliciés et aux femmes en proie aux douleurs de l’enfantement. L’idée de transformation d’une matière première ne prend le pas sur l’idée de souffrance qu’à partir du 16e siècle, moment où le verbe se répand dans le sens "faire un ouvrage" et "rendre plus utilisable". L’association du travail à la souffrance et au châtiment, dans la culture occidentale, est plus ancienne : on pourrait s’en référer au texte biblique. Vécu comme destin ou comme volonté, le travail n’est pas sans rapport avec la violence.
Mais on remarque que le verbe travailler est transitif : le travailleur est, en fait, le tortionnaire. Il exerce une contrainte sur la matière qu’il travaille, comme le policier brutal qui "travaille" le suspect>>

http://lvc.philo.free.fr/Travail2.pdf

Voici un exemple d’un terme latin tripalium ou trepalium qui va, à force de transformation donner le verbe travailler. Labeur vient du latin labor signifiant "effort fatigant", "peine qu’on se donne pour réaliser quelque chose", "épreuve",et aussi "situation pénible" ou "malheur". Ce labor latin a donné en français, le nom labur, au XIIè siècle, qui par la suite a pris deux formes distinctes : d’une part le labour, ou travail (fatigant et pénible) de la terre et des champs, et d’autre part le labeur, désignant plus généralement un "travail pénible", et aussi, à l’origine, comme en latin, un "malheur", une "douleur profonde". http://www.e-stoire.net/article-tripalium-du-latin-au-franc…

Depuis longtemps déjà, les linguistes (1) écartent l’hypothèse selon laquelle notre mot pour « travail » dériverait de la forme nominale tripalium : un instrument de torture à trois pieux utilisé par les Romains et que le manuscrit du Concile d’Auxerre (582) produit encore sous la forme de trepalium ; quant à la forme verbale
https://blogs.mediapart.fr/…/tripalium-une-etymologie-ecran…

« Ceux qui veulent à tout prix s’enrichir s’exposent eux-mêmes à la tentation et tombent dans le piège de nombreux désirs insensés et pernicieux qui précipitent les hommes dans la ruine et la perdition. »Timothée chapitre 6, verset 9
– Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon: Luc 16:13 / Matthieu 6:24
http://3.bp.blogspot.com/…/AA…/QXtGQYv-P94/s1600/crismon.jpg

Yeshoua, le Libérateur – 2 – Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon

1ère partie http://www.youtube.com/watch?v=GVTtZb3LLEE

youtube.com

Travail ou torture

EXCELLENT !! L’avenir du travail par Albert Jacquart !

 »L’esclavage humain a atteint son point culminant à notre époque sous forme de travail librement salarié.  » ( George Bernard Shaw )