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10 conseils pour mieux vivre
votre hypersensibilité !

Quels sont les principaux signes de l’extrême sensibilité, et comment la gérer au quotidien ? Conseils pratiques de ceux qui la vivent, pour évoluer normalement dans ce monde et faire de ce trait de personnalité une force.

Vous êtes très sensible au bruit, à la foule, aux odeurs ? Vous avez l’impression d’être en permanence pris(e) dans des vagues d’émotions ? Vous êtes peut-être hypersensible ! Comment gérer ce trait de personnalité qui a tendance à compliquer le quotidien ? Déjà, arrêter de considérer que vous avez un « problème » : entre 15 et 20% de la population y serait sujet. Deuxième bonne nouvelle : vous pouvez facilement changer certaines conditions de votre vie pour faire de votre sensitivité non pas un handicap, mais une force.

5 signes qui indiquent que vous êtes hypersensible

1- Une super réactivité à l’environnement
Pour vous, les petits désagréments du monde extérieur peuvent vous mettre les nerfs à vif. Le trop de bruit peut vous agresser, et vous donner envie de fuir pour trouver le silence. Vous êtes peut-être réactif à trop de lumière, ou au contraire au manque de luminosité. Ou alors c’est la foule qui vous met à mal, vous avez l’impression que votre espace vital est envahi et vous sentez monter en vous un besoin primaire de vous protéger. Enfin, vous êtes très probablement sensible aux ambiances, et aux énergies des lieux et des personnes.
2- Une grande sensitivité corporelle
L’hypersensible est extrêmement réactif, témoigne Laura Marie sur son blog Mind, Body, Spirit. « Les informations nerveuses circulent très vite », et donc ce type de personne « réagit à tous les stimuli, sans vraiment filtrer ». Ainsi, vous sentez certainement votre corps et votre peau très réceptifs aux stimuli corporels de type caresses et massages. Vous pouvez être susceptible aux allergies, et du fait de la réactivité de votre peau vous pouvez avoir des difficultés à supporter certaines matières, ou les étiquettes des vêtements.
3- Une vie émotionnelle intense
Les personnes à grande sensibilité ont tendance à une très importante émotivité et à vivre leurs émotions de manière très intense. Vous avez le sentiment que vos émotions se déclenchent pour un rien et au quart de tour, et qu’elles vous saisissent jusqu’aux tréfonds de votre être ? Vous avez une empathie surdéveloppée, qui vous fait ressentir les émotions des autres, en particulier la souffrance, comme si c’était la vôtre ? Vous avez tout de l’hyperémotif, qui vit dans l’affectif et dont les joies et les souffrances peuvent prendre des proportions démesurées.
4- Une grande créativité
Si vous êtes très sensible, il est probable que tout ce qui touche à la créativité soit votre monde. Vous avez certainement un fort sens esthétique, vous aimez les arts et goûtez intensément à la musique. Vous pouvez faire preuve d’une grande créativité intellectuelle, avec toujours plein d’idées sur tout, et d’une capacité particulière à réfléchir en dehors des sentiers battus. Vous avez peut-être également des capacités extrasensorielles très développées, et une ouverture particulière aux mondes invisibles, tels que les rêves.
5- En quête de sens
Pour vous, la vie ne se réduit pas au travail, à la famille, à la construction d’une sécurité matérielle, ou à une simple recherche de plaisirs. Vous sentez que la vie est bien plus profonde et vaste, et vous passez beaucoup de temps à réfléchir à son sens. Alors, comme les hypersensibles, vous cherchez à vous intégrer de manière cohérente et positive au monde, et à y apporter votre contribution. Comme cette recherche prend la forme d’une véritable quête de vie, vous pouvez parfois vous sentir seul(e), en décalage avec ceux qui ne partagent pas ce point de vue.

5 recommandations pour vivre mieux

1- Se déculpabiliser
« Connais-toi toi-même », disait Socrate : prendre conscience de sa grande sensibilité est la première étape pour agir. Commencez donc par vous observer – avec bienveillance – : vos émotions, vos réactions… Ensuite, comme le conseille Laura Marie, cessez de penser que vous avez un problème : l’hypersensibilité est « peut-être quelque chose de fatigant parfois, mais d’un autre côté, c’est un énorme avantage », vous dotant par exemple d’un grand potentiel intuitif. Et si vous faisiez vous aussi une liste de tout ce que votre hypersensibilité vous apporte de positif ?
2- Faire de l’hypersensibilité une force
Puisque vous êtes doté(e) de cette capacité inhabituelle, pourquoi ne pas l’utiliser de manière positive ? Pour vous-même, vous pouvez par exemple utiliser votre empathie pour « comprendre les autres au point de pressentir leur personnalité, leurs attentes et leurs pensées », explique Christel Petitcollin, formatrice en développement personnel, et ainsi nouer des relations plus profondes et sincères avec vos proches. De manière plus large, vous pouvez chercher comment mettre votre empathie et votre besoin de contribution au monde au service d’une cause.
3- Se protéger des lieux, personnes, circonstances qui vous touchent
« Connaissant notre hypersensibilité, il est impératif de se protéger. Le monde ne changera pas du jour au lendemain, c’est donc à nous de nous y adapter en sélectionnant avec attention tout ce que nous faisons, les endroits où nous allons, ce que nous regardons et les gens que nous fréquentons. » explique Laura Marie. En vous protégeant de ce qui vous met systématiquement à vif, vous préserverez votre énergie, votre moral, et votre ouverture envers les autres.

4- Arrêter d’absorber les émotions des autres
L’hypersensible a tendance à absorber les émotions des autres et à les vivre comme si c’était les siennes. Cela lui fait trop à gérer en plus de ses propres émotions, et il s’en retrouve épuisé. « Tout d’abord, demandez-vous si le sentiment est le vôtre ou celui de quelqu’un d’autre. » suggère l’auteur en entraide Judith Orloff (blog Esprit Science Métaphysique). Ensuite, si l’émotion appartient à un autre, faites l’exercice conscient de la lâcher : elle ne vous appartient pas, et donc vous la rendez à l’univers, en toute bienveillance. Si l’émotion est très forte, prenez quelques instants pour vous concentrer sur votre respiration, la ralentir, afin de vous apaiser et vous recentrer.
5- Pratiquer une discipline visant à développer la paix intérieure
Méditation en pleine conscience, exercices d’entraînement de l’esprit, yoga, qi qong, il existe une variété de disciplines permettant un travail de transformation intérieure qui ultimement permettent de mieux gérer les émotions, prendre du recul quant au fourmillement incessant des pensées, et développer une certaine sérénité – voire une sérénité certaine ! D’autres activités, telles que le sport, permettent « de se vider régulièrement la tête, et également de toutes les émotions ingurgitées pendant la journée », propose en outre Judith Orloff. Cherchez celle qui vous conviendra le mieux !

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Il est parfois difficile de s’adapter à ce monde trop bruyant, à ce monde empli d’égoïsmes et d’autres doubles intentions.

Les sens des personnes hypersensibles sont une faiblesse, mais aussi une chance. Elles peuvent percevoir ce que les autres ne perçoivent pas, et le faire si intensément que le monde leur présente alors un éventail de réalités qui échappent aux autres.

A quoi l’hypersensibilité est-elle due ? Est-ce génétique ? Pourquoi les personnes hypersensibles souffrent-elles plus que les autres ?

Pourquoi pour elles, l’amour est-il si intense, mais aussi si douloureux ? Pourquoi apprécient-elles tant la solitude, pourquoi ressentent-elles une si profonde incompréhension depuis leur plus jeune âge ?

En 2014, des chercheurs de l’Université de Stony Brook (New-York) ont mené à bien un étude intéressante, au cours de laquelle ils ont essayé d’expliquer les particularités que présente le cerveau d’une personne hypersensible, ainsi que les différences qui existent entre les personnes hypersensibles et celles qui ne le sont pas, ou du moins, celles qui n’ont pas cette ouverture émotionnelle si caractéristique de l’hypersensibilité.

Les résultats de cette étude, composée de six enquêtes, sont très intéressants, et ont été publiés dans la revue Brain and Behavior. Lisez la suite de cet article pour les découvrir ! Nous sommes certains que vous allez être surpris.

Le cerveau émotionnel des personnes hypersensibles

On estime que presque 20% des personnes présentent les caractéristiques basiques de l’hypersensibilité. Souvent, ces personnes-là passent la majeure de partie de leur vie sans savoir qu’elles appartiennent à ce petit groupe de privilégiés.

D’une certaine façon, elles ont toujours vécu en portant des «lunettes invisibles» qui leur faisaient voir le monde différemment, avec un coeur plus ouvert, mais aussi plus vulnérable.

PAS

L’étude menée à bien par les chercheurs de l’Université de Stony Brook a révélé que les personnes hypersensibles disposent d’un cerveau émotionnel doté d’une grandeempathie. Ils sont pleinement orientés vers la «sociabilité» et l’union avec leurs semblables.

En d’autres termes, ces chercheurs ont prouvé que les processus cérébraux des personnes hypersensibles se traduisent par une surexcitation dans les zones neuronales relatives aux émotions et à l’interaction.

Elles sont capables de déchiffrer et de deviner les sentiments des personnes qu’elles ont en face d’elles. Mais, dans le même temps, elles ont à gérer un problème très simple…

Les autres ne font pas preuve de la même empathie. Il y a donc un déséquilibre évident entre la sensibilité des personnes hypersensibles, et celles des personnes qui ne le sont pas. «Elles se considèrent comme étant différentes».

Pour arriver à toutes ces conclusions, les chercheurs ont réalisé une batterie de tests basés sur les résonances magnétiques, ou encore sur l’étude des processus cérébraux que présentent des personnes diagnostiquées comme hypersensibles, en comparaison avec ceux des personnes qui ne le sont pas.

On a donc exposé ces personnes à différents stimuli, afin d’observer l’activité biochimique qui s’opère dans les différentes structures cérébrales.

Les résultats ont été très concluants, et plus particulièrement à deux niveaux :

Les neurones miroirs

Vous avez forcément déjà entendu parlé des neurones miroirs. Ils remplissent une fonction sociale, étant surtout présents chez les humains et chez les primates.

Situés dans le cortex frontal inférieur du cerveau et très proches de la zone du langage, les neurones miroirs sont plus particulièrement liés à l’empathie et à notre capacité à capter, traiter, et interpréter les émotions des autres.

Chez les personnes hypersensibles, leur activité est continue et très marquante depuis l’enfance.

PAS-CEREBRO

L’insula

L’insula est une petite structure cérébrale logée très profondément dans notre cerveau. Située dans le cortex insulaire, elle est liée au système limbique, une structure basique dans nos émotions qui nous apporte cette vision plus subjective et plus intime de la réalité.

De fait, les chercheurs de Stony Brook surnomment l’insula «le siège de la conscience», puisqu’elle réunit la majeure partie de nos pensées, intuitions, sentiments et autres perceptions de tout ce que l’on peut vivre.

Vous ne serez donc pas surpris d’apprendre que cette structure «magique» est plus active chez les personnes hypersensibles que chez les personnes qui ne le sont pas.

Cette étude montre également qu’en plus d’être réceptives aux stimuli visuels liés aux visages humains et aux émotions, les personnes hypersensibles présentent aussi unseuil plus bas en réaction à de nombreux stimuli physiques, tels que les lumières intenses ou les sons forts.

Cela active chez elles les structures cérébrales relatives à la douleur…ce qui est très curieux.

Les personnes hypersensibles ont une façon de ressentir et de comprendre le monde qui passe par un système neurosensoriel plus pointu, plus fin. Ce n’est pas ce qu’elles ont, mais c’est ce qu’elles sont.

Au cours de leur vie, elles doivent apprendre à composer avec leurs fortes émotions ainsi qu’avec ce don merveilleux, car la souffrance, ce n’est pas un passage obligé, mais une option qu’il ne vaut pas la peine de retenir.

http://tricksofnature.com/le-merveilleux-cerveau-emotionnel-des-personnes-hypersensibles/

Déjà l’émission sur la 2 la semaine dernière et voilà que le sujet continue

https://www.youtube.com/watch?v=z_Sf6XCTWBM

  • "Chez un précoce, tout est décloisonné. On est très facilement submergé par nos émotions." Photo d'illustration.

    "Chez un précoce, tout est décloisonné. On est très facilement submergé par nos émotions." Photo d’illustration.

    Istock

    Sentiment perpétuel de décalage, angoisses et même déscolarisation… A 22 ans, Sébastien, détecté surdoué enfant, démonte le cliché de l’enfant génie à qui tout réussit dans un livre, Funambule. Témoignage.

    Mon histoire est celle d’un paradoxe. Elle ne commence ni bien ni mal. Et la fin est plutôt joyeuse. Mais elle est, je crois, digne de lecture. Je suis né différent. J’ai, comme disent les scientifiques, un haut potentiel intellectuel. Le terme est un peu barbare. On parle plus volontiers de surdoués ou d’enfant intellectuellement précoce. A dire vrai, le terme n’importe assez peu, tant il est compliqué de définir cette condition. Il faudrait, quand on parle, dire à la fois qu’être précoce, c’est jouir en théorie d’une intelligence différente, pas supérieure, différente. Mais qu’être à haut potentiel intellectuel (HPI), c’est aussi, et surtout, être beaucoup plus sensible, à la fois mature et enfant, capable des meilleures fulgurances, comme de rendre copie blanche simplement par peur d’être incapable de bien faire.

    Être HPI, c’est courir le risque de passer pour Agnan, dans le Petit Nicolas, si peu sympathique en fait. L’imaginaire collectif, servi par des émissions aux héros binoclards et un poil asocial, n’a pas vraiment aidé la cause. Ces 15 dernières années, cependant, j’ai pu mesurer le chemin parcouru, et à lui seul, c’est une vraie cause de réjouissance. Mais je dévie.

    "A l’école, j’ai commencé à m’ennuyer"

    Rien durant ma petite enfance n’a mis la puce à l’oreille de mes parents. Ainé d’une famille de trois enfants, j’ai, jusqu’à mon entrée à l’école primaire, été tout à fait heureux. Seulement, à l’école, j’ai commencé à m’ennuyer. J’ai été diagnostiqué au CE2. Je m’ennuyais beaucoup, et ma maîtresse de l’époque a proposé que je sois testé. Pendant quelques semaines, une psychologue scolaire m’a donc fait passer un test de QI, le WISC 4. Mis au point par Weschler, un chercheur. Il permet, au-delà d’obtenir un QI (quotient intellectuel), d’avoir une radiographie des forces et faiblesses de l’enfant.

    En gros, le test se présente sous la forme d’une série d’items, divisés en deux catégories : le verbal et le performance. Chaque item est noté, et le score obtenu est reporté dans une graphique. Dans mon cas, le résultat ressemblait davantage à des montagnes russes qu’à deux belles courbes. Dans certains items, j’avais de très bons scores. Dans d’autres, au contraire, mes résultats étaient sous la moyenne des enfants de mon âge. J’étais donc porteur de décalages. Or, un enfant précoce, et mes parents l’ignoraient à l’époque, subit au quotidien beaucoup de décalages.

    Un sentiment de décalage

    Il y d’abord la différence de maturité. On peut passer en un instant d’une attitude puérile à un débat très sérieux sur le sens de la vie. Il y a ensuite, émotionnellement, la difficulté d’avoir tout à gérer. Chez un précoce, tout est décloisonné. On est très facilement submergé par nos émotions. L’enfance, de base, ce n’est pas simple. Pour un précoce, c’est souvent beaucoup plus compliqué. Et c’est ce qui explique ce que j’ai vécu.

    J’ai notamment toujours apprécié la compagnie des plus âgés, même s’il n’était pas évident de gagner leur respect: on passe pour un petit merdeux à aller voir des plus âgés. Mais petit, je n’avais pas ce recul. 

    En primaire, donc, après avoir été testé et appris que j’étais un enfant à haut potentiel, j’ai continué à m’ennuyer. Je ne pouvais pas même en parler à mes camarades. Mes parents étaient dépassés par cette révélation, alors qu’en aurait-il été d’un enfant de 8 ans? Donc j’ai gardé pour moi le secret de ma différence, sans pleinement saisir tout ce que cela impliquait.

    Puis, je suis entré au collège. J’y étais intégré -élu délégué de classe. En sixième, ça a été. C’est en cinquième que mon parcours a été stoppé net. Je ne sais dans quelle mesure j’aurais pu éviter tout ce que j’ai traversé à l’époque. La version courte, froide, mais efficace, consiste à dire, que cette année-là, j’ai été déscolarisé. Angoissé du matin au soir, les jours d’école, comme les week-end, qu’il pleuve vente ou neige, je n’allais plus en cours. Je ne faisais plus grand chose, sinon supporter une boule au ventre quotidienne.

    Parents dépassés et déscolarisation

    A 11 ans, j’avais déjà subi deux hospitalisations en hôpital neurologique, un an de déscolarisation et surtout, j’étais angoissé du matin au soir. Voilà le tableau en juin de ma cinquième. Un peu en désespoir de cause, pour donner de l’air à mes parents qui étaient à bout de souffle, le docteur Revol, neuropsychiatre qui me suivait alors, a décidé de m’envoyer en internat en Ardèche, au collège privé sous contrat, Immaculée Conception d’Aubenas.

    C’était à l’époque un des rares collèges à posséder deux cycles réservés aux enfants à haut potentiel. Le premier cycle consistait à faire le collège en trois ans, le deuxième en quatre. Tous les enseignants étaient formés et nous proposaient une pédagogie adaptée: on ne nous donnait pas plus de travail mais des exercices différents, parfois plus difficiles, parfois destinés à nous aider à nous adapter au moule de l’Education nationale.

    Je n’étais pas très enthousiaste à l’idée d’y aller. Je ne voyais pas en quoi le fait de partir en Ardèche, en internat, allait m’aider. Pourtant, au bout de quatre mois, j’ai réussi à retourner en cours à un rythme normal. Que mon état s’améliore n’est pas seulement lié à mon départ à Aubenas. C’est un tout. Le traitement médicamenteux du Dr Revol, le suivi psychologique à Nîmes, tous les quinze jours, avec monsieur Chamont, la maturité que j’ai réussi à acquérir et le fait de me retrouver dans une classe entièrement composée d’enfant à haut potentiel. Nous étions enfin avec des gens qui nous comprenaient. Nous avions tous, plus ou moins, vécu les mêmes difficultés.

    J’ai passé à Aubenas ma quatrième et ma troisième. Elles restent comme les années parmi les plus excitantes de ma vie: j’allais chaque matin en cours avec plaisir. Je me réveillais avec mes amis. On me comprenait. Avoir des bonnes notes n’était pas source de moqueries.

    "On me renvoyait sans cesse l’image de ‘l’intello’"

    Au lycée, je réintégrais le système normal. Mais en première, rebelotte. J’ai de nouveaux eu des angoisses. Seulement, ce coup-ci, j’étais paré. Je n’ai pas été déscolarisé. J’ai réussi à prendre sur moi. J’étais plus mature, j’ai réussi à les repousser et à continuer mon année sans souci. Sauf que… je me suis un peu perdu, je crois, ces années-là. Je n’avais pas des très bons résultats, et c’était volontaire. J’avais, dans une certaine mesure, associé mon mal-être de cinquième à l’image que les autres renvoyaient de moi: petit intello. C’est caricatural, mais du coup, je me suis contenté du minimum.

    J’ai eu la mention Bien au bac. J’en avais enfin fini avec le système. C’était une vraie victoire car quelques années auparavant, on aurait pas donné cher de ma peau. Le prof de français de quatrième me l’a dit, quand je l’ai informé de mes résultats. "Il faut mesurer le chemin parcouru". J’ai aussi passé les concours pour entrer à Sciences po. Je voulais être journaliste, et on m’avait dit que c’était la voie royale. Mais j’ai raté, deux années de suite, malgré une année de prépa.

    Alors je suis entré à la fac à Lyon, en double licence, de Droit et Sciences Politiques. Là encore, j’ai été très frustré: les cours ne me plaisaient pas. Je m’ennuyais. Je n’arrivais pas à briller. J’ai dû travailler, beaucoup, pour parfois m’en tirer avec juste la moyenne. Par contre, je m’éclatais dans les activités à côté des cours. J’ai monté une association, j’ai participé à d’autres. J’y étais moteur, car je pouvais moi-même forger le cadre qui me convenait. Ceci équilibrait l’ennui en cours.

    "L’Education nationale ne sait pas encore assez bien traiter ces enfants"

    J’ai finalement trouvé ma voie. J’ai continué à poursuivre mon ambition d’être journaliste. En troisième année, avec des amis, j’ai fondé une startup média, Ijsberg, qui a gagné le prix Google de l’innovation en journalisme. C’est hyper enrichissant, au quotidien, d’y travailler. On doit trouver comment informer au mieux, je dois mener des journalistes parfois plus âgés et expérimentés que moi, et ce n’est pas facile. Mais c’est tellement intéressant. Cette année, je suis en alternance, au CFJ, une école reconnue par la profession, et à Ijsberg.

    C’est l’objet de ce texte, et du livre que j’ai publié, Funambule, mon parcours d’enfant à haut potentiel. Je veux montrer qu’être à haut potentiel intellectuel n’est pas être un petit génie surdoué. C’est être un enfant avec parfois des difficultés. Que l’Education nationale ne sait pas encore assez bien traiter ces enfants, car les profs ne sont pas formés à cela. Au départ, quand j’ai commencé mon livre, je pensais vraiment qu’en retraçant mon parcours, j’arriverais à identifier la cause de mes angoisses et la raison qui m’a permis d’aller mieux. Arrivé à la fin, je n’avais pas réussi à isoler ces deux éléments. Parfois, on va mal, et il n’y a pas de raison.

    La précocité n’est que trop rarement synonyme de bonheur et de réussite. Bien souvent, seuls le temps et la maturité seront à même d’amener l’enfant à haut potentiel à être heureux. En attendant, l’enfant HPI a besoin d’écoute, d’attention. Ne l’oubliez pas, tout à haut potentiel qu’il soit, il ne sera jamais qu’un enfant. C’est pourquoi, plus encore que les autres, il a besoin d’un guide. Aidez-le à trouver l’équilibre et à traverser le fil.

    + Plus d’actualité sur : Adulte surdoué, mode d’emploi

    https://www.youtube.com/watch?v=AYh5LygPBs4                   

    https://www.youtube.com/watch?v=AYh5LygPBs4

    Hypersensibilité émotionnelle et haut potentiel intellectuel risque psychologique et moyen de l appr

     

     

    https://www.youtube.com/watch?v=ikH6y1n1704

     

    https://www.youtube.com/watch?v=lcx8sdBeZ1Y  le zèbre