Mélusine signifie « merveille » ou « brouillard de la mer ». Pour les Lusignan, on l’appelle « Mère Lusigne » (la mère des Lusignans), fondatrice de leur lignée. Dans le dictionnaire Littré, elle est appelée « Merlusigne », ce qui pourrait faire penser à une connotation aquatique.
Émile Verhaeren a créé une poésie, Le chant de l’eau, où son nom apparaît. Certains lui donnent une origine bretonne insulaire : en breton son nom devient Melizenn et se traduit par « La Mielleuse » ; le nom de sa mère, Persina, trouve sa racine bretonne dans le mot Berz ou Berziñ signifiant selon le contexte avertissement, interdit, férié, prohibition, injonction, mise en garde, ce qui correspond bien à son rôle face à son époux. Le nom de sa sœur Melior pourrait venir de Meler en breton, « le fabricant de miel », mais Miliour en breton signifie aussi « La Flatteuse ». Pour sa sœur Palestine, on pourrait faire un rapprochement avec Bac’h C’hestenn, Bac’h signifiant « cellule » et la mutation de Kestenn, signifiant « la ruche » en breton. Peut-être à rapprocher du fait qu’elle demeure prisonnière de la montagne telle une nymphe d’abeille dans l’alvéole de la ruche. Cependant, Bac’h Laezenn est plus proche de son rôle dans l’histoire ; Bac’h signifiant aussi « séquestre » et Laez-enn signifiant « la hauteur », « le monticule ».
Le nom de la colline de Brumblerio tire aussi son nom du breton et s’approche de la colline appelée Bryn y Briallu, connue aujourd’hui sous le nom de Primrose Hill et qui signifie La colline aux Primevères. De même, la colline d’Elénos vient du nom de la colline d’Elenydd (prononcé Éléneuze) située dans le Cambrien au Pays de Galles et qui s’étend de la zone de collines de Plynlimon dans le nord (au sud de Machynlleth et à l’est de Aberystwyth) vers les collines du nord Carmarthenshire et du Sud-Est Ceredigion. Quant au mont Canigou on peut le retrouver au Gwynedd, Pays de Galles dans la montagne de Carnguwch qui culmine à 359 mètres sur le territoire de la commune de Pistyll. Son sommet est constitué d’un important cairn de l’Âge du bronze1, de 6 mètres de haut et 30 mètres de diamètre, appelé dans la région Maiden’s breast ou le sein de la vierge. Le château en Arménie s’expliquerait par la proximité à l’oral avec « Ar mynydd » (prononcé ar ménéz) en gallois, signifiant « sur la montagne ».
La fontaine de Cé se dit ffynnon syched en gallois ou fetan sec’hed en breton, signifiant fontaine de la soif. À noter que Cé correspondrait plus oralement à sych ou sec’h signifiant sec et donc fontaine sèche.

Au royaume d’Albanie, ancêtre du comté d’Albany, le roi Elinas chassait dans la forêt et rencontra à une fontaine une magnifique jeune femme qu’il salua bien humblement. A son souhait de la prendre pour épouse, celle-ci lui répondit de jurer à ne jamais chercher à la voir au temps de ses couches. La fée Persine (ou Presine) épousa Elinas et ils eurent trois filles, toutes aussi belles que leur mère. L’aînée s’appelait Mélusine, la deuxième Mélior et la dernière Palestine. Mataquas, fils du premier lit d’Elinas, jaloux du bonheur de sa belle-mère, poussa son père dans la chambre où Persine baignait ses filles. Celle-ci s’exila avec ses trois filles au sud, sur l’île magique d’Avalon, où elles montaient chaque matin sur la colline d’Elénos, la montagne fleurie, d’où elles pouvaient apercevoir la lointaine Albanie. La fée Persine leur dit qu’elles y étaient nées et que la fausseté de leur père qui les a réduites à une misère sans fin. Chaque fois elle répétait son malheur, si bien que l’aînée, Mélusine, poussa ses sœurs à enfermer le père en la merveilleuse montagne de Northumberland, appelée Brumblerio, d’où il ne sortira plus jamais. Leur mère s’en montra fort courroucée et condamna Mélusine, l’aînée, à devenir serpente au-dessous du nombril chaque samedi. Si toutefois elle trouve un homme qui veuille l’épouser à la condition de ne jamais la voir le samedi, elle vivra le cours naturel d’une vie de femme et mourra naturellement, enfantant une noble et très grande lignée qui accomplira de belles et hautes prouesses. Mais si jamais elle se sépare de son mari, elle retournera au tourment d’auparavant sans fin. Mélior fut condamnée à garder un épervier merveilleux dans un château en Arménie. Quant à Palestine, elle fut enfermée dans le mont Canigou avec le trésor de son père jusqu’à ce qu’un preux chevalier la délivre.

http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9lusine_%28f%C3%A9e%29