https://www.youtube.com/watch?v=YI5plP6Lce0J schovanec J

 

Avec son retard de langage — il commence à parler vers 6 ans — Josef Schovanec est considéré comme inapte à passer en CP, et évite de justesse le redoublement de la grande section de l’école maternelle[1]. Il apprend à lire et à écrire avant de savoir parler[2]. Son éducation est vécue difficilement[2]. Il est exclu des jeux de groupe, et subit des brutalités physiques exercées par les autres élèves[3]. Il témoigne rentrer après la classe « couvert de boue et les vêtements déchirés »[4]. Durant son enfance, il passe ses vacances en Suisse alémanique et dans les Alpes[5].

Apprendre des gestes courants tels qu’enfiler un manteau ou descendre un escalier lui est difficile[6]. Il parle avec énormément de politesse à ses camarades de classe[7], se passionne pour l’Égypte antique, l’observation des moisissures et le processus de fossilisation[8], et témoigne se cacher dans des coins calmes et sombres (sous des lits ou aux toilettes) jusqu’à une demi-journée[9]. Son absentéisme est particulièrement important en CM1 et en quatrième[10]. Sa situation s’arrange pendant ses années de lycée. Les mathématiques formant sa discipline favorite, il envisage une carrière de mathématicien. Il obtient son bac S (sciences) à 17 ans[11], avec une mention très bien[7],[11]. Il entre à l’institut d’études politiques de Paris (Sciences Po Paris), dispensé du passage de l’examen d’entrée grâce à sa mention au bac[12]. Il passe l’année scolaire 2000-2001 à Mannheim, en Allemagne[13].

À son retour d’Allemagne en août 2001, il consulte un cabinet psy, espérant recevoir un coaching pour résoudre ses difficultés de relations sociales[14]. Cela débouche sur une prescription d’amisulpride[15], puis d’aripiprazole[16], d’olanzapine et de rispéridone, entraînant de nombreux effets secondaires[17]. En raison d’une erreur de diagnostic, il est considéré comme schizophrène[18]. Il soutient son DEA en 2003[19] mais termine difficilement son mémoire en pensée politique[19] en raison de ses prescriptions de neuroleptiques, témoignant : « avec certains comprimés, je dormais quasi en permanence »[20], et ajoutant n’avoir aucun souvenir de l’année 2004[21]. Un diagnostic du syndrome d’Asperger étant finalement posé à l’âge de 22 ans[22] (ou vers 2005), il continue néanmoins de prendre les neuroleptiques qui lui sont prescrits pendant deux ans, avant de cesser ces consultations et prises de médicaments inadaptés en 2007[18].

Docteur et chercheur en philosophie et sciences sociales (à l’école des hautes études en sciences sociales (EHESS) et à l’université de Bucarest notamment), il consacre sa thèse de philosophie allemande (soutenue en 2009 sous la direction de Heinz Wismann) à la pensée et la théologie de Martin Heidegger en France[23]. Il a étudié l’allemand, l’anglais, puis le grec ancien au collège et au lycée[24]. Il entre plus tard à l’institut national des langues et civilisations orientales (Langues O’) pour y suivre des cours, entre autres, d’hébreu, d’azéri et d’amharique, puis à Paris III pour un cursus de sanskrit[25], et à l’institut catholique de Paris pour des cours de vieil éthiopien[26]. Il voyage dans de nombreux pays pour y suivre des cours de langue[12]. Il fréquente des universités ou est invité pour des colloques tenus en Allemagne, au Canada, en Estonie, aux États-Unis, en Roumanie, en Russie, en Suisse, en TunisieTunis où il fut étudiant[27]) et dans le Proche-Orient , entre autres[28]. Il apprend l’arabe classique au sultanat d’Oman[22].

Il est hyperpolyglotte, puisqu’il parle le français, le tchèque, l’anglais, l’allemand, le persan et l’hébreu couramment, l’amharique, l’arabe, l’araméen, le chinois, l’azéri et le sanskrit moins couramment, et un peu d’estonien[6]. Il s’intéresse aux cultures et aux langues, notamment orientales. Malgré ce bagage, il rencontre « 100 % d’échecs à ses entretiens d’embauche »[29],[6].

Fin 2006, il devient par hasard l’assistant de Hamou Bouakkaz, chargé du handicap à la Mairie de Paris, aveugle de naissance, qui le recrute sans entretien d’embauche[4],[30]. Il bénéficie de certains aménagements de poste dus à son handicap, tels que la dispense de réunions[8]. Il perd cet emploi en 2014, à l’arrivée d’Anne Hidalgo[4].

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Josef_Schovanec