Boris Cyrulnik "De la souffrance peut naître le meilleur"

Faut-il mettre un mouchoir sur sa souffrance pour la surmonter ?

Non, se mettre des œillères reviendrait à entrer dans le déni, qui bloque l’évolution. Il faut parvenir à ne pas se considérer comme une "victime", mais comme une "blessée de l’âme". Dans "victime", il y a quelque chose de figé : on démissionne, on se laisse abattre. Se considérer plutôt comme une "blessée de l’âme", c’est reconnaître qu’il y a eu un coup, mais qu’il y aura un "après-coup".

Finalement, la résilience, n’est-ce pas juste une façon de "faire avec" la souffrance ?

La résilience, ce n’est pas "faire avec", c’est "faire de". Tirer quelque chose de sa souffrance, et ne pas s’en accommoder. D’une épreuve peut naître le meilleur : on peut réussir à extraire d’un événement traumatisant un engagement politique, psychologique, ou encore artistique… D’ailleurs, on remarque qu’il y a un nombre incroyablement élevé d’artistes, d’écrivains, de psychiatres, chez les individus résilients.

Et le responsable de notre souffrance, qu’est-ce qu’on en fait ?

On observe souvent chez les victimes de catastrophes naturelles la naissance d’une fascination pour la cause du trauma : l’inondation, l’ouragan, le tsunami… C’est pareil quand le "coupable" est un voisin, une personne de l’entourage, ou un inconnu. La personne blessée va chercher à comprendre, à analyser, à trouver du sens à l’intention de l’autre. La victime devient spécialiste de l’agresseur. Cette "rage de comprendre" est comme un souffle de vie après le chaos.

http://www.aufeminin.com/therapies/boris-cyrulnik-resilience-d4839x25319.html

http://www.aufeminin.com/therapies/resilience-s637867.html

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