un article qui me fait penser comme un clin d’oeil dans le film.. le sorcier guérisseur qui utilise le venin pour soigner les morsures de vipères mais qui avait été dans les Ordres avant .. en son sein, en son sain..

 

Julie Allion

9 h ·

Dans plusieurs églises d’Europe (principalement en Italie, en France et en Espagne), on peut voir ces sculptures de femmes allaitant des serpents.

La symbolique chrétienne en a fait une représentation de la luxure qu’elle considère comme étant un vice mordant et dévorant essentiellement les femmes, faisant allusion au mythe d’Ève ; mais c’est en fait la diabolisation d’un ancien culte païen, celui de la déesse romaine Angitia.

En effet, du temps de la Rome antique, Angitia (appelée également Angita) était connue pour être la déesse ophidienne de la guérison et de la sorcellerie.

À cette époque, les serpents étaient souvent associés aux arts et à la guérison, comme on les voient dans la mythologie gréco-romaine, ainsi que de nos jours, où l’on retrouve diverses représentations des deux serpents du caducée d’Hermès sur les enseignes de nos pharmacies.

Angitia était particulièrement vénérée par les Marses, un peuple des hautes terres centrales d’Italie ; ils lui édifièrent un grand temple en son honneur, où d’après certaines légendes, un trésor y aurait été caché… Il se situait au sud-ouest du lac Fucinus, près de l’actuel village de Luco dei Marsi.

Cette déesse, réputée pour ses dons de sorcellerie et sa grande connaissance en herboristerie, était maîtresse dans l’art des guérisons miraculeuses, en particulier lorsqu’il s’agissait de morsures de serpents qu’elle soignait en confectionnant des antidotes grâce à des charmes et à des plantes de la forêt.

Parmi les nombreux pouvoirs qu’on lui attribuait, elle pouvait dit-on tuer les serpents avec une seule incantation, et parfois même en les touchant ou en confectionnant des poisons avec leur venin et certaines plantes ; ce qui faisait d’elle, une guérisseuse et une sorcière exceptionnelle.

Lorsque les Romains ont conquis le territoire des Marses vers 300 av.J.-C., certains d’entre eux adoptèrent les croyances marsiques en identifiant Angitia à la déesse romaine Bona Dea, la Bonne Déesse. Au fil des siècles suivants, ce culte s’étendit dans plusieurs contrées de l’Empire romain ; suffisamment loin et longtemps pour que nous puissions admirer dans certaines églises les vestiges altérés d’un culte oublié.

Voici quelques-unes des nombreuses sculptures existantes :

– En haut à gauche, détail d’une église romane (Gironde).

– En haut au milieu, église Notre-Dame de Mailhat (Puy-de-Dôme).

– En haut à droite, église de Saint-Gervais-et-Saint-Protais de Langogne (Lozère).

– Au milieu à gauche, église de Saint-Jonin-de-Marnes (Deux-Sèvres).

– En bas à droite, église San Salvador de Rebenal (Castille).

– En bas au milieu, abbaye de Saint-Michel-de-la-Cluse (Piémont).

– En bas à gauche, église Saint-Pierre-et-Saint-Benoît de Perrecy-les-Forges (Saône-et-Loire).