Pierre Rabhi: «Tout le monde est formaté, comme dans une forme de coma»

Certains voient en lui un gourou, un prophète, un alter ego contemporain de Noé. Il se méfie de ces réductions tantôt hagiographiques, tantôt sarcastiques. Pierre Rabhi, de passage cette semaine en Belgique, pour un hommage à feu son ami Yehudi Menuhin (ce jeudi 20), puis le lendemain pour une conférence sold-out à l’ULB, préfère parler, dit-il, de conscience à conscience. Et quand il parle, c’est à la fois pour parler de désespérance… et d’espoir.

Durant plusieurs décennies, il mena son combat dans une relative discrétion. Le voici aujourd’hui écouté, respecté, s’exprimant partout où il passe devant des salles archi-combles, consulté par des citadins désemparés, des jeunes en mal d’utopie ou même des stars hollywoodiennes.

Durant tout ce temps, Pierre Rabhi est resté plus ou moins le même homme. Ce n’est pas lui qui a pas changé. C’est le monde, dit-il. Il nous en parle.

Cela fait des dizaines d’années que vous portez votre philosophie de la sobriété heureuse. Mais c’est depuis peu, semble-t-il, que l’engouement est là. Comment vous l’expliquez-vous ?

Je crois que de plus en plus de gens reconnaissent que la problématique actuelle est extrêmement périlleuse, et que nous sommes dans une forme de récession de l’esprit. Nous sommes entrés dans une phase de destruction, qui risque d’être irréversible. Nous avons même aujourd’hui la possibilité d’une apocalypse artificielle, avec notamment le nucléaire. Quand on rassemble tout ça, on se rend compte que l’espèce humaine est en train de s’éradiquer elle-même. Je crois que la planète survivra. Quant à l’être humain…

C’est cette angoisse de la catastrophe, et le remède que vous proposez en prônant la philosophie de la sobriété heureuse, qui vous vaut une attention particulière  ?

Le système érigé par le passé pour faire l’éloge moderne de l’homme triomphant, prométhéen, démiurge…, ce système, bâti en partie sur l’exploitation des ressources des pays du Tiers- Monde, débouche aujourd’hui sur une énorme déconvenue. Rien n’a triomphé. C’est même le contraire, aggravé par la vanité humaine. Et croire que le système va se régénérer et repartir comme du temps des Trente Glorieuses est une erreur. On est aujourd’hui dans le manque et l’incertitude. Il y a pourtant une autre façon de voir les choses : par la puissance de la modération. C’est beaucoup plus génial et plus beau d’avoir une grande énergie qui émane de la simplicité et de la modération qu’une énergie exponentielle qui ne cherche qu’à détruire la planète et à appauvrir les ressources.

Je rappelle souvent la légende amérindienne des colibris. Un jour, dit cette légende, il y a eu un immense incendie de forêt. Tous les animaux étaient atterrés. Seul le colibri s’activait et allait chercher quelques gouttes d’eau dans son bec, pour les jeter dans le feu. A un moment, agacé, le tatou lui dit : « Colibri, tu ne penses quand même pas que c’est avec ces quelques gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! » Et le colibri lui répond : « Je sais, mais je fais ma part. » Eh bien je pense que si chacun fait sa part, on a les moyens de changer le déroulement de l’histoire.

Quel est votre regard sur les religions, dans le monde d’aujourd’hui  ?

Les religions monothéistes proclament toutes, à l’origine, que la création est œuvre de Dieu. Je leur dis parfois : « Mais vous devriez alors être les premiers écologistes. » Ce n’est pas le cas. Si les religions avaient joué leur rôle, on ne serait pas obligé aujourd’hui de protéger la vie et la nature à coups de politique écologique… ce qui est une absurdité. L’écologie, c’est la vie. Elle devrait être enseignée aux enfants dès le plus jeune âge. Au lieu de quoi, on vit dans une civilisation de l’insatiabilité. Tout ce que veut notre monde, c’est que nous ressentions sans cesse le manque, afin de nous faire consommer. Alors que si on mange à sa faim, si on est vêtu, soigné et abrité sous un toit, on a ce qu’il faut.

La jeunesse est-elle prête à se lancer dans la révolution pacifiste que vous proposez – celle de la sobriété ?

Elle l’entend, ce message, qui leur parle d’autre chose que de désastre ! C’est par la sobriété qu’on arrivera à la joie. Non pas par le toujours plus ni par la satisfaction programmée. La sobriété désaliène. Or, la société est aliénée. Il règne aujourd’hui une féodalité planétaire. Une forme d’aristocratie basée sur les possessions d’argent, qui asservit tout le monde. Et tout le monde accepte d’être asservi. Tout le monde est formaté, comme dans une forme de coma

http://plus.lesoir.be/64255/article/2016-10-17/pierre-rabhi-tout-le-monde-est-formate-comme-dans-une-forme-de-coma

 

pour rester sur les aspects astro  saturne sagittaire carré neptune mais trigone Uranus

et puits Uranus carré Pluton en capricorne..

 

twist in my sobriety tanita tikaram

All God’s children need traveling shoes
Drive your problems from here
All good people read good books
Now your conscience is clear
I hear you talk girl
Now your conscience is clear

In the morning I wipe my brow
Wipe the miles away
I like to think I can be so willed
And never do what you say
I’ll never hear you
And never do what you say

Look my eyes are just holograms
Look your love has drawn red from my hands
From my hands you know you’ll never be
More than twist in my sobriety
More than twist in my sobriety
More than twist in my sobriety

We just poked a little pie
For the fun people had at night
Late at night don’t need hostility
The timid smile and pause to free

I don’t care about their different thoughts
Different thoughts are good for me
Up in…

 

Paroles et traduction de «Twist In My Sobriety»

Twist In My Sobriety (Un moment d’égarement)

Ce seul grand succès de Tanita Tikaram a des paroles assez hermétiques difficiles à décrypter
à commencer par le titre

you’ll never be
More than twist in my sobriety

tu ne seras jamais
Rien de plus qu’un coup de canif (ou bien une entorse)dans ma pondération, un écart de conduite, un faux-pas

We just poked a little pie
Nous n’avons mis au four qu’une petite tarte

Référence à une aventure qui ne peut mener bien loin, les deux amants n’ayant pas du tout la même conception des choses

All God’s children took their toll
Tous les enfants de Dieu ont fait des ravages

Une référence aux croisades et à la pensée unique où pour la plus grande gloire ( supposée ) de Dieu, les croisés chastes et à l’âme pure ont massacré les infidèles

Half the people read the papers
La moitié des gens lisent le journal

Cette moitié des gens ce sont les hommes
Pour éviter la discussion l’homme s’isole derrière son journal bien déployé

All God’s children need travelling shoes
Tous les enfants de Dieu ont besoin de chaussures de marche
Drive your problems from here
Emporte tes problèmes hors d’ici
All good people read good books
Tous les gens bien lisent de bons livres
Now your conscience is clear
Maintenant tu as bonne conscience
I hear you talk girl
Je t’entends parler fille
Now your conscience is clear
Maintenant tu as bonne conscience

In the morning I wipe my brow
Le matin j’essuie mon front
Wipe the miles away
J’efface les kilomètres
I like to think I can be so willed
J’aime penser que je suis (quand même) si désiré
And never do what you say
Tout en ne faisant jamais ce que tu dis
I’ll never hear you
Je ne t’entendrai jamais
And never do what you say
Et ne ferai jamais ce que tu dis

(Chorus)
(Refrain)
Look my eyes are just holograms
Regarde mes yeux ne sont que des hologrammes
Look your love has drawn red from my hands
Regarde ton amour a fait jaillir du rouge de mes mains
From my hands you know you’ll never be
De mes mains tu sais que tu ne seras jamais
More than twist in my sobriety(x3)
Rien de plus qu’un moment d’égarement(x3)

We just poked a little pie
Nous n’avons mis au four qu’une petite tarte(2)
For the fun people had at night
Pour (nous livrer) au plaisir que les gens avaient la nuit
Late at night don’t need hostility
Tard la nuit je n’ai pas besoin d’hostilité
The timid smile and pause to free
Ni du sourire timide ou de pause pour me libérer

I don’t care about their different thoughts
Peu m’importe qu’ils ne pensent pas comme moi
Different thoughts are good for me
Les pensées différentes sont bonnes pour moi
Up in arms and chaste and whole
En armes et chastes et intacts
All God’s children took their toll
Tous les enfants de Dieu ont fait des ravages(3)

(Chorus)
(Refrain)

Cup of tea, take time to think, yea
Une tasse de thé, prends le temps de réfléchir, ouais
Time to risk a life, a life, a life
Le temps de risquer une vie, une vie, une vie
Sweet and handsome
Agréable et belle
Soft and porky
Tendre et dodue
You pig out ’til you’ve seen the light
Tu te goinfres tant que tu n’as pas vu la lumière
Pig out ’til you’ve seen the light
Te goinfres tant que tu n’as pas vu la lumière

Half the people read the papers
La moitié des gens lisent le journal(4)
Read them good and well
Le lisent bien comme il faut
Pretty people, nervous people
Les gens mignons, les gens nerveux
People have got to sell
Les gens sont contraints de vendre
News you have to sell
Des nouvelles que tu te dois de vendre

(Chorus)
(Refrain)

(1) littéralement : une entorse

(2) référence à une aventure qui ne peut mener bien loin, les deux amants n’ayant pas du tout la même conception des choses

(3) une référence aux croisades et à la pensée unique où pour la plus grande gloire ( supposée ) de Dieu, les croisés chastes et à l’âme pure ont massacré les infidèles

(4) cette moitié des gens ce sont les hommes

Pour éviter la discussion l’homme s’isole derrière son journal bien déployé

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