Feuilletant un livre scolaire, sur le Moyen âge, retrouvé dans la bibliothèque

Eu égard qu’au fait on entend trop souvent des personnes qui croient qu’il ne faut pas juger

Eu égard aussi aux perles du Bac

Eu égard de trouver cela dans un livre de l’ Education et tenant compte du fait que rien n’a vraiment changé… on bourre encore le crâne sans changer la méthode ( raison qui me pousse à faire le billet) c’est un comble

 

L’essai est dédié à Diane de Foix, comtesse de Gurson, qui allait être mère. C’est dire que Montaigne pense avant tout à la formation de jeunes nobles. Pourtant la plupart de ses idées sont universellement valables. Après la soif de connaissances qui caractérise Rabelais, une décantation se produit : “ savoir par coeur n’est pas savoir” dit Montaigne dans ce même chapitre. Au lieu d’encombrer la mémoire de l’élève, il faut former son esprit, lui apprendre à penser.

 

A un enfant de maison qui recherche les lettres, non pour le gain ( car une fin si abjecte est indigne de la grâce et faveur des Muses, et puis elle regarde et dépend d’autrui), ni tant pour les commodités externes que pour les siennes propres, et pour s’en enrichir et parer au dedans, ayant plutôt envie d’en tirer un habile homme qu’un homme savant, je voudrais aussi qu’on fût soigneux de lui choisir un conducteur qui eût plutôt la tête bien faite que bien pleine et qu’on y requît tous les deux, mais les moeurs et l’entendement que la science; et qu’il se conduit en sa charge d’une nouvelle manière.

On ne cesse de criailler à nos oreilles, comme qui verserait dans un entonnoir; et notre charge, ce n’est que redire ce qu’on nous a dit.

 

Je voudrais qu’il corrigeât cette partie, et que, de belle arrivée, selon la portée de l’âme qu’il  en main, il commençât à la mettre sur la montre, lui faisant goûter les choses, les choisir et discerner d’elle-même; quelquefois lui ouvrant le chemin, quelquefois le lui laissant ouvrir. Je ne veux pas qu’il invente et parle seul, je veux qu’il écoute son disciple parler à son tour, Socrate et, depuis Arcélisas faisaient premièrement parler leurs disciples, et puis ils parlaient à eux…………….

 

Car s’il embrasse les opinions de Xénophon et de Platon par son propre discours, ce ne seront plus les leurs, ce seront les siennes. Qui suit un autre, il ne suit rien, il ne trouve rien, voire il ne cherche rien………………

La vérité et la raison sont communes à chacun, et ne sont non plus à qui les a dites premièrement qu’à qui les dit après   ………………….

( oui, il arrive que des gens raisonnent par eux même même si cela correspond à des pensées de Platon.. sans pour autant l’avoir lu. Il arrive que certaines personnes qui ne font bien souvent que citer les autres, donner des phrases toutes faites sauront dire un jour “ tu as trouvé cela toute seule …! mais cela vient de ….Platon par ex.   comme si à notre époque nous n’étions pas capable de penser par nous même… en voilà une idée..!)