Vers la fin du dernier siècle encore, des fermiers basques affirmèrent que des sorcières se transformaient en chats afin de traire leurs vaches. L’un d’entre eux, déterminé à tirer cette affaire au clair, se dissimula dans l’’étable la nuit venue. A minuit, plusieurs chats noirs surgirent soudain. Le fermier bondit de sa cachette et les attaqua. Il regagna son lit après les avoir mis en déroute. Le lendemain matin, il découvrit sur la paille de l’étable, une oreille de femme ornée d’un anneau d’or.
Les sorcières, non seulement se transformaient en chats, mais encore aimaient à s’entourer de félins qui les accompagnaient lors de leur expéditions nocturnes. On prétendait que ces sorcières possédaient une troisième mamelle pour allaiter leur chat familier. Les sorcières partageaient avec leurs animaux qui prenaient part aux cérémonies les pouvoirs que leur accordait le diable. En 1579, une sorcière avoua au cours de son procès qu’elle possédait un chat auquel elle faisait chaque jour boire du lait mêlé à quelques gouttes de son sang. Quelques années plus tard, en Angleterre, une sorcière reconnu que son chat passait la nuit en sa compagnie et se nourrissait en suçant le sang de son corps et ajoutait que cette sensation la faisait entrer en transes. La sorcière piquait son visage, ses bras et son corps, offrant ainsi son sang au chat pour le récompenser d’avoir exaucé ses désirs.
En Angleterre, à Lincoln, une sorcière fut pendue en 1618, après avoir avoué qu’elle se servait de son chat lors de cérémonies destinées à priver le comte et la comtesse de Rutland de toute descendance. Elle déroba un gant appartenant  au fils aîné du couple ainsi que quelques plumes provenant du matelas de la comtesse. En possession du gant, la sorcière prononça certaines invocations, avant d’en frictionner rituellement le chat qu’elle jeta dehors pour la nuit. Le fils aîné tomba bientôt malade et mourut. Peu après, la sorcière s’attaqua au second fils qui à son tour dépérit et mourut. Les plumes furent alors frottés sur le ventre du chat. La comtesse, ses enfants maintenant disparus, devint stérile sous l’effet des envoûtements, de sorte que le couple se retrouva sans héritier.

Nombre d’amulettes et de talismans protégeaient les sorcières et leurs comparses.
Selon une croyance ancienne, une branche de sorbier agitée devant un chat le faisait disparaître; ce même arbre, dont on fixait quelques branches à la tête de leur berceau, passait pour protéger les nourrissons. Toutefois, le moyen de protection le plus efficace contre les sorcières consistait à invoquer la Trinité. Une sorcière écossaise avoua qu’elle et ses complices virent souvent leurs efforts se briser contre de puissantes barrières de prières et d’invocations.

Les assemblées de sorcières, appelées sabbat, qui se tenaient le plus souvent aux croisées des chemins, dans les montagnes ou dans les grottes profondes, correspondaient à certaines phases de lune. Ces cérémonies présidées par le Démon en personne, incarné par un chat noir, donnaient  lieu à d’étranges rites. Lors de ces cérémonies, on procédait à l’initiation des novices auxquels on remettait leurs familiers. Afin de marquer leur allégeance au Prince des Ténèbres, les sorcières et les sorciers étaient parfois contraints de lui sacrifier leurs chats familiers. Ces derniers étaient encore immolés lors de la mise en oeuvre d’un sortilège particulièrement puissant; toutefois, en ce cas, la plupart des magiciens recommandaient que le chat fut vivant. Le sacrifice offert à l’occasion de la confection de la chandelle de l’homme mort, était le plus efficace d’entre tous. La graisse fondue du chat de la sorcière était coulée dans un moule autour d’une mèche fabriquée avec des cheveux arrachés à un cadavre. La main d’un assassin supplicié, tranchée lors d’une éclipse de lune, faisait office de chandelier. Quiconque se voyait exposé à la lumière de cette chandelle tombait complètement paralysé