Les pouvoirs de guérisseur attribués au chat sont peut-être à l’origine du sacrifice de milliers de ces malheureuses créatures. Dès l’époque de l’Empire romain, Pline le Jeune raconte comment le chat était lors de cérémonies destinées à favoriser la guérison et cette pratique s’est poursuivie jusqu’à notre époque.Pline, ou Gaius Plinius Secondus, qui vécut de 61 à 114, rédigea un intéressant ouvrage d’histoire naturelle où il explique comment l’on traitait certaines maladies à l’aide d’excréments du chat.

En 1607, des siècles plus tard, Edward Topsell rapporte que le remède utilisé pour lutter contre les calculs urinaires de l’homme consistait en une poudre de foie de chat. La graisse de chat fondue constituait un remède contre la goutte. A partir d’une tête de chat noir réduite en cendres, bien broyée, on élaborait une poudre qui, appliquée avec une plume, guérissait les affections oculaires.

On utilisa la fourrure du chat pour traiter les graves brûlures provoquées par le Grand Incendie de Londres de 1666. Nombre de chats furent alors tués, puis dépouillés. Les blessés appliquaient la fourrure à même leurs blessures. Celles-ci, ainsi isolées de l’air, furent à l’abri des infections, de sorte qu’on assista à de nombreuses guérisons. En Hollande comme en d’autres pays européens, les peaux de chats fraîchement tués étaient utilisées pour traiter les affections de la gorge et de la peau. Les japonais luttaient contre les gastrites aigües ainsi que certaines affections, comme l’épilepsie, en plaçant un chat noir vivant sur l’estomac du patient. De même qu’en Egypte, où le chat était utilisé pour protéger la maison des serpents, au cours des âges l’animal fut considéré comme capable d’apporter la guérison en extirpant les humeurs malignes du corps. La déesse-chatte, capable d’aspirer le poison des blessures et de lutter contre les infections était considérée comme une guérisseuse. La queue de son incarnation animale intervenait largement dans les rites destinés à traiter la cécité.

De nos jours encore, la queue est considérée comme la partie du corps de l’animal la plus efficace pour apporter la guérison, et de ce fait est utilisée à l’occasion de pratiques magiques. Il est admis que les irritations oculaires ou les orgelets, disparaissent si l’on prend soin de frictionner la paupière avec la queue d’un chat noir. Une incantation renforce parfois l’effet de la friction. Il est souvent indispensable de tenir compte de certains impératifs. Ainsi, dans certaines régions on effleure la paupière tuméfiée avec un poil arraché à l’extrémité de la queue d’un chat noir mâle. Le poil cueilli la nuit de la nouvelle lune, est passé neuf fois sur l’orgelet.
Les panaris se résorbent si l’on prend soin de passer sur le dos de la main et entre les doigts, la queue d’un chat noir. Cette opération doit être répétée trois nuits consécutives, avant que l’infection ne cède. Les verrues ne résistent pas si on les frotte avec la queue d’une Ecaille de tortue mâle. Les Ecailles de tortue mâles sont extrêmement rares; par ailleurs, le traitement n’est efficace que s’il est appliqué au mois de mai. Ainsi me paraît-il plus sage de recourir à une autre méthode en la circonstance !

On utilise un chat noir qu’un gaucher fait tournoyer trois fois au-dessus de la tête pour guérir la gale. Cela fait, trois gouttes de sang tirées de la queue sont mêlées, à neuf grains d’orges réduits en cendres. Ce cataplasme est ensuite appliqué à l’aide d’un anneau nuptial en or sur la région atteinte, en même temps qu’un invoque la Trinité. Une queue de chat ensevelie devant le seuil interdisait l’entrée des maladies dans la maison.

De nos jours, les pouvoirs de guérisseur du chat n’interviennent plus que dans le champs de la recherche scientifique, où des milliers de chats ont donné leur vie pour le bénéfice de l’homme.